« Se dissoudre, est un espace où la solitude se fait révélatrice de ce qui reste quand tout est suspendu. »
Le port du masque de procédure bleu est obligatoire pour assister à ce spectacle. Merci d’apporter votre masque. Les portes de la salle sont ouvertes dès 18 h.

Dans le respect des mesures sanitaires en cours.


Soyez informé qu’il y a de la nudité dans ce spectacle.

Lentement, se dissoudre. Non pas disparaître, mais s’additionner, se multiplier, s’amalgamer. Comme le sucre dans un thé. Là où le temps se dilate, la consistance des heures est si légère, prise en étau entre un passé révolu et un futur incertain.

Délicatement, l’interprète Marie-Philippe Santerre danse cette trajectoire inconnue, ciselée, faite de contrastes, de modulations, de répétitions, de pulsations. Comme la tige d’une plante qui s’élance par à-coups et tourne plusieurs fois sur elle-même pour atteindre sa maturité. Elle consent à l’attente. En observe les bienfaits. Perçoit sa propre transformation. Face à elle-même, si bien ancrée, quand le bruit se tait, elle contient l’essentiel. Elle est tous les possibles.

Après L’affadissement du merveilleux qui avait marqué les esprits des spectateurs de l’Agora de la danse en 2018, la chorégraphe québécoise Catherine Gaudet poursuit sa recherche sur l’ambiguïté comme vecteur de sensation et d’évocation. Avec finesse, elle fait émerger du fond des êtres, ce qui nous compose, dans notre dureté, notre complexité, notre simplicité. Le corps se fait écran tendu, prêt à accueillir les images, les impressions et les sensations qui font de nous ce que nous sommes, dans tout ce que nous contenons d’avouable et d’inavouable. Entre le flottement et la suspension, individuellement et collectivement, nous sommes l’écran de projection d’un film dont nous sommes aussi l’acteur.

Démarche
Catherine Gaudet s’intéresse aux transformations du corps générées par l’ambiguïté qui anime l’être. Elle approche son travail chorégraphique comme une étude de l’aspect inconscient et insaisissable de l’être humain et souhaite dévoiler ce que celui-ci cherche à camoufler. Elle développe une physicalité où le corps devient lieu de résonance des sensations complexes et contradictoires qui grondent sous la chair.

Son langage chorégraphique est tissé de fins changements de tensions musculaires qui révèlent l’enchevêtrement de plusieurs états, idées, pulsions. Le corps se fait récepteur et transmetteur de forces invisibles, et devient témoin d’une histoire existentielle à la fois personnelle et universelle. L’aspect brut des états de corps s’entremêle avec la précision des lignes et évolue sur une partition finement écrite.

Fortement engagés, les interprètes de ses pièces relèvent le défi d’un contrôle précis de la forme, combiné à sa déconstruction par des états performatifs ouverts.

Biographie Catherine Gaudet
Catherine Gaudet a complété un baccalauréat et une maîtrise au Département de danse de l’UQÀM. Elle signe sa première chorégraphie en 2004 et se fait remarquer les deux années suivantes avec Grosse fatigue – primée au Aarhus International Choreography Competition (Danemark) – et L’arnaque.

En 2009, elle s’intéresse aux effets du manque dans sa première œuvre longue, L’invasion du vide. Dans Je suis un autre (2019), elle gratte le vernis de la façade sociale pour révéler l’ambiguïté d’êtres aux prises avec leurs contractions, intention qu’elle poursuit avec Au sein des plus raides vertus (2014) s’appuyant cette fois-ci sur la notion de moralité.

En 2016, elle consigne avec le metteur en scène Jérémie Niel La très excellente et lamentable tragédie de Roméo et Juliette, pièce qui transpose la légende shakespearienne en un huis clos aussi sensuel que mélancolique. En 2018, elle crée tour à tour les pièces Tout ce qui va revient, combinant trois solos féminins tirés de son répertoire, ainsi que L’affadissement du merveilleux, pièce pour cinq danseurs, basée sur la figure du cercle et l’insistance hypnotique du cycle.

De 2010 à 2019, Catherine fut membre fondatrice de la compagnie Lorganisme. Elle fut également l’une des idéatrices du nouveau Centre de création O Vertigo aux côtés de Mélanie Demers, Caroline Laurin-Beaucage et Ginette Laurin. Catherine est aujourd’hui directrice artistique et générale de la Compagnie Catherine Gaudet, membre de Circuit-Est centre chorégraphique, créatrice associée chez DLD – Daniel Léveillé Danse et artiste associée à l’Agora de la danse.

Photos

  • Se dissoudre | Crédit photos : Mathieu Verreault, avec Marie-Philippe Santerre
  • Se dissoudre | Crédit photos : Mathieu Verreault, avec Marie-Philippe Santerre

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