« Une proposition hautement visuelle et théâtrale et un hommage à la musique comme outil de résilience et d’émancipation »

SPECTACLE EXCLUSIF DANS LES LAURENTIDES

Ce spectacle affiche complet. 

À partir de 1933, l’ethnomusicologue John Lomax a effectué des centaines d’enregistrements de chansons et de musiques traditionnelles un peu partout dans les Caraïbes, ainsi qu’au Kentucky, en Louisiane, au Mississippi, au Texas et dans les Carolines. Ce patient travail l’a, entre autres, initié aux innombrables chants  qui ont accompagné la vie des noirs américains à partir de leur arrivée aux États-Unis en tant qu’esclaves jusqu’à leur émancipation (légale, du moins) au fil du XXème siècle.

Depuis 2014, la chanteuse et musicienne montréalaise Betty Bonifassi a créé, en compagnie de divers collaborateurs, deux albums constitués de relectures contemporaines de quelques-uns des slave songs d’il y a 100 ans.

Ce terreau d’une extraordinaire richesse culturelle sert de base au spectacle SLĀV, une théâtralisation des chants d’esclaves américains qui sera créée en 2018 par Betty Bonifassi et six choristes dans une mise en scène de Robert Lepage.

SLĀV s’attarde à quelques familles de chants : les call songs qui accompagnaient l’éveil des esclaves, les work songs qui rythmaient les gestes mille fois répétés sur des chantiers de chemins de fer, les gandy dancers’ railroad songs, qui ponctuaient justement  les efforts physiques collectifs requis pour mettre en place des voies ferrées, les field songs moins cadencés qui atténuaient la routine de la cueillette du tabac et du coton, les prisoners’ songs, qui parlaient aussi de liberté perdue, et les complaintes et berceuses qui marquaient la fin d’un autre jour de labeur, ou exprimaient l’espoir d’être un jour libéré.

Le spectacle transpose d’ailleurs ces situations dans la journée d’une esclave, de l’aube jusqu’au crépuscule. Mais il y a une autre ligne temporelle à SLĀV, qui va de l’esclavage à la ségrégation, puis à l’incarcération massive qui trouve encore des exemples aujourd’hui, et en arrive enfin au mouvement d’affirmation amorcé dans les années 50. Et comme il s’agit d’une mise en scène de Robert Lepage, le propos est abondamment illustré : projections de films d’archives, scénographie composée de rails qui se déploient au sol comme dans les airs, rappels des codes brodés sur des courtepointes qui guidaient les esclaves fuyant vers la liberté par le chemin secret de l’underground railroad…  En somme, une proposition hautement visuelle et théâtrale, et un hommage à la musique comme outil de résilience et d’émancipation.

Photo

  • SLAV SLĀV | Crédit photo : Courtoisie

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