« Avec cette pièce, Olivier Choinière s’attaque à tous ces discours qui voudraient se faire passer pour de vraies idées »

Sept Jeunes-Filles paradent en toute légèreté, clamant leur fierté d’être des marchandises. Amoureuses de leurs reflets, elles déclarent la guerre à la Vieillesse. Cette croisade entraînera leur propre décomposition.

Manifeste de la Jeune-Fille met en scène un modèle de consommateur idéal : la Jeune-Fille. Elle n’a ni sexe, ni âge.  Elle est la figure de proue du capitalisme, dont elle prétend chercher une porte de sortie.

L’auteur témoigne dans cette pièce de son inquiétude devant une société où toute forme de discours, même la plus contestataire, se retrouve récupérée.

« Une satire incisive, violente et jouissive, en forme d’œuvre chorale à sept voix et trois mouvements, ultra-intelligente, mais sauvée de l’intellectualisme par un sens inné du théâtre. On sent le plaisir des interprètes. Le nôtre aussi, bien sûr. »
Marie-Christiane Hellot, revuejeu.org

 

Mot du metteur en scène

Ce Manifeste n’est pas une adaptation théâtrale de Premiers matériaux pour une théorie de la Jeune-Fille de Tiqqun. Seulement, il y a des lectures qui laissent des marques. Ce texte est bien la preuve que la Jeune-Fille n’a cessé de me hanter depuis. Dans cette « figure de l’intégration totale à une totalité sociale en désintégration », je n’ai pas seulement vu se profiler la silhouette de la jeune fille des magazines, mais l’ombre de beaucoup de mes contemporains.

Quinze années séparent la première édition de l’essai et l’écriture de cette pièce. Comme on le répète jusqu’à la nausée, le monde a beaucoup changé, depuis. Les solutions de rechange au capitalisme – comme les mouvements citoyens qui ont vu le jour ces derniers temps – semblent avoir paradoxalement fortifié ses assises. Plutôt que de trouver la faille de cette formidable machine de récupération, elles semblent en avoir repoussé les limites.

Dans leur quête désespérée du bonheur, mes Jeunes-Filles cherchent une issue, une porte de sortie. En attendant de trouver une façon d’exister en dehors du système, elles se justifient d’y participer en enrobant d’idéaux leur mauvaise conscience. Loin du cri libérateur, Manifeste de la Jeune-Fille fait le portrait d’une société qui a enfermé la parole dans le discours. Il y a là quelque chose de follement désespérant. Mais aux libertés trompeuses, je préfère une meilleure connaissance des murs de ma prison.

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  • Manifeste de la jeune fille Manifeste de la jeune fille | Crédit photo : Caroline Laberge

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